Japon, la passion des insectes

Japon, la passion des insectes

[ Culture / 文化紹介 ]
déc ’12sept
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Depuis les origines du shintoïsme, religion dominante du Japon, des milliers de divinités naturelles imprègnent fortement la culture japonaise ; incarnés par des êtres aussi divers que des animaux, des plantes, voire des rochers, des lacs ou des rivières, il n’est pas étonnant que l’étude de la nature fasse partie intégrante de l’éducation japonaise et que les animaux ou plantes soient aussi présents dans l’art sous toutes ses formes.

On pourra découvrir dans cette exposition une reconstitution d’un lieu sacré du shintoïsme, consacré à la divinité du riz, incarnée par un renard, et par un jardin zen, où chaque pierre symbolise un animal : tortue, grue, tigre… Les scarabées, dont les luttes incarnent la force et le courage, ont inspiré les casques de samouraïs, ornés de cornes ; une armure et un gilet, orné de libellules brodées, sont exposés ainsi que d’autres insectes, dont les lucioles et sauterelles, qui annoncent les longues journées d’été, représentés sur des estampes et mangas d’Hokusai.

Puis l’on pénètre dans une maison, où sont conservés des grillons et des cigales dans de petites cages en bambous pour écouter leur chant, et un magnifique kimono de mariée à décor des grues brodées.

Les premiers échanges entre la France et le Japon, dans les années 1860 auront pour base la soie, principal produit d’exportation, car une maladie ravage les élevages français de vers à soie à partir de 1853. En désespoir de cause, les éleveurs vont chercher en Chine et au Japon des oeufs sains, et appellent Louis Pasteur à leur secours.

Ce n’est qu’au bout de cinq longues années que celui ci mettra au point une technique permettant de protéger les élevages, après avoir rencontré Jean-Henri Fabre, célèbre entomologiste précurseur dans l’observation attentive des moeurs des insectes, dont les ouvrages sont encore de nos jours enseignés aux jeunes japonais.